2007 : La grande Chifonie .
"Un de mes anciens maîtres, Claude Ballif, disait souvent que la symphonie dérivait tout naturellement de la Chifonie (ancienne viele à roue du moyen-âge). Cette allusion à la polyphonie et à la possiblité de faire entendre plusieurs voix simultanées (processus nouveau à cette époque) est reprise dans ce festival 2007 dans son sens le plus large : celui de l’acceptation et de la confrontation des mille voies de la musique contemporaine.
Nous débuterons la prospection de ce champ d’investigations par Le Llanto d’Ohana. Dans notre Espagne voisine, “l’odeur” de la poésie de Lorca sillonne tout autant le pueblo que le “campo”. Ses soleils de feu restent d’une actualité inextinguible. Mais qu’y a-t-il de commun avec l’œuvre de Scelsi qui conclura cette édition 2007 ? Presque rien !
Ce festival offre la possiblité de ne pas classer la musique contemporaine dans un compartiment bien clos et infréquentable, toujours égal à lui-même ! Il montre au contraire la diversité de la pensée, de l’écoute, des transversalités. Qu’y a-t’il de commun aussi entre l’œuvre du catalan Cervello, de Xénakis, de Hurel, de Lopez Lopez ou de Mantovani. Par grand chose ! Chaque œuvre possède un parcours, un langage propre, peut-être plus personnel qu’au XIXè siècle par exemple. Car, aujourd’hui on doit d’abord fabriquer son matériau. Les rapports texte-musique, image-musique, dispositifs électroniques gérés par ordinateur alimentent d’autres imaginaires pour les compositeurs “chifoniers” ! Ils utilisent toutes sortes de possibles : de l’agrégat le plus classique au plus bruiteux des objets sonores!
Notre “Grande Chifonie” de novembre invoque la fête du son, de la lumière, du regard musical à travers l’écoute de l’autre, l’échange infini avec, comme disait Debussy, “ce que raconte le vent d’ouest” !"
Daniel Tosi